Le CECB est aujourd’hui un document incontournable pour de nombreux hôtels et restaurants en Suisse romande.
Selon les projets (vente, rénovation, demande de subventions…), un CECB pour un hôtel ou un restaurant peut devenir obligatoire.
Le cadre énergétique suisse a d’ailleurs beaucoup évolué depuis 2018, et les évolutions s’accélèrent. Pour un hôtelier ou un restaurateur en Suisse romande, le risque n’est plus seulement la facture, c’est aussi la conformité.
Voici un tour d’horizon des règles à connaître en 2026.
CECB hôtel restaurant : quelle différence avec le CECB Plus ?
Le Certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB) classe la performance énergétique d’un bâtiment de A (très efficace) à G (très énergivore). Deux indicateurs sont notés : l’enveloppe et l’énergie globale.
Le CECB Plus va plus loin : il s’accompagne d’un rapport de conseil détaillé, avec recommandations de travaux chiffrées sur trois scénarios.
Pour les bâtiments tertiaires, le CECB Plus est obligatoire dans plusieurs situations :
- Lors de la vente d’un bâtiment (selon le canton)
- Lors d’une demande de subvention pour des travaux énergétiques
- Lors d’une rénovation importante touchant l’enveloppe ou les installations techniques
Prix indicatif pour un hôtel ou un restaurant : CHF 3’500 à 12’000 selon la taille. Subventionné entre 30 et 50% selon le canton.
PEIK ou CECB pour un hôtel ou un restaurant ?
Beaucoup d’établissements confondent les deux…
Un repère simple :
- Le CECB / CECB Plus est un audit du bâtiment. Il évalue l’enveloppe et les installations techniques fixes, et propose des scénarios de rénovation. Il est réalisé par un expert CECB certifié, et il est requis pour accéder à certaines subventions cantonales lors de gros travaux. C’est un peu comme un bilan de santé complet de votre bâtiment, qui vous dit quels « organes » sont défaillants et comment les remplacer.
- Le PEIK est un audit d’optimisation. Il regarde l’ensemble de l’activité (énergie, équipements, processus, comportements) et identifie en priorité ce qu’on peut optimiser par paramétrage, réglage et procédures, sans gros chantier. Il est réalisé par un conseiller PEIK certifié et subventionné par SuisseEnergie. C’est plutôt comme un coach qui passe dans vos cuisines et vous montre comment mieux utiliser ce que vous avez déjà — sans rien casser ni remplacer.
Concrètement, pour la plupart des hôtels et restaurants, le PEIK est le bon premier réflexe : il déclenche des économies rapidement, avec peu ou pas d’investissement matériel.
Le CECB Plus arrive ensuite, quand un vrai projet de rénovation est sur la table.
Les deux démarches ne s’opposent pas, elles se complètent, à condition de ne pas les confondre.
Les MoPEC : un socle commun
Les Modèles de prescriptions énergétiques des cantons (MoPEC) sont une harmonisation des exigences cantonales. La version 2014 est désormais reprise par tous les cantons romands. Elle impose notamment :
- Une part minimale d’énergies renouvelables lors du remplacement d’une chaudière fossile (en général 10% du besoin de chaleur)
- Des standards d’isolation renforcés pour les rénovations
- Des obligations sur la production d’eau chaude sanitaire (solaire thermique ou récupération de chaleur dans certains cas)
- Un contrôle obligatoire des grands consommateurs (plus de 0,5 GWh d’électricité ou 5 GWh de chaleur par an)
Les obligations par canton
Les exigences évoluent rapidement et varient d’un canton à l’autre. Voici une synthèse de l’état actuel en Suisse romande, avec un renvoi à la source officielle pour chaque canton.
Remplacement obligatoire des chauffages fossiles dans les 20 ans après installation (délai prolongé à 2046 pour celles posées après 2020). Pour les bâtiments neufs, plafonds sur la part fossile (60% mazout, 80% gaz). Nouvelle loi en vigueur dès 2026.
Chauffages fossiles (mazout, gaz) et chauffe-eau électriques interdits. Remplacement à effectuer par une solution renouvelable, sauf impossibilité technique démontrée ou cas spécifiques (PLQ, bâti contraint).
Source : ge.ch/installations-chauffage-batiment/chauffer-aux-energies-fossiles-mazout/gaz
Audit énergétique obligatoire pour les grands consommateurs (> 5 GWh chaleur ou > 0,5 GWh électricité par an) avec convention d’objectifs. Exigences renforcées pour les bâtiments tertiaires.
Source : fr.ch/deef/sde/gros-consommateurs
Remplacement d’une chaudière fossile par une solution renouvelable lorsque c’est techniquement possible sans surcoût. Sinon, part minimale de 20% d’énergie renouvelable. Chauffages électriques à remplacer avant fin 2029.
Source : ne.ch/autorites/DDTE/SENE/energie/Pages/Loi-energie-et-remplacement-chauffage.aspx
Loi en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Bâtiments neufs : interdiction des installations fossiles pour chauffage et ECS, obligation de production solaire. Remplacement : renouvelable prioritaire ; chaudière fossile possible uniquement si besoin réduit de ≥20% ou bâtiment CECB ≥ D.
Source : vs.ch/web/energie/nouvelle-l%C3%A9gislation-sur-l-%C3%A9nergie
Loi cantonale et ordonnance en vigueur depuis le 1er avril 2019. Mise en œuvre des MoPEC 2014, avec part minimale de 10% d’énergies renouvelables lors du remplacement d’un système de chauffage.
Source : jura.ch/DEN/SDT/Energie/Bases-legales/Bases-legales.html
Exemple de CECB pour un restaurant : un établissement à Bulle
L’établissement, 90 couverts en salle plus une terrasse, a entrepris une rénovation de son bâtiment principal en 2025 (réfection de la toiture et remplacement de la chaudière). Le canton de Fribourg a exigé un CECB Plus en amont, comme condition d’octroi des subventions.
Coût du CECB Plus : CHF 5’800, subventionné à 40% (CHF 2’320 nets).
Le rapport a identifié trois mesures prioritaires sur cinq ans.
- Isolation de la toiture (travaux déjà prévus) : CHF 65’000, subventionné à CHF 14’000
- Remplacement de la chaudière mazout par une pompe à chaleur : CHF 85’000, subventionné à CHF 23’000
- Régulation du système de ventilation par sondes CO2 et programmation horaire : CHF 12’000, subventionné à CHF 2’500
Bilan global après mise en œuvre prévue d’ici 2027 : conformité aux exigences cantonales, économies annuelles estimées à CHF 9’500, classement énergétique passant de E à C.
Sans le CECB Plus, l’établissement aurait perdu accès à environ CHF 40’000 de subventions. En parallèle, l’établissement a aussi engagé un PEIK pour optimiser l’exploitation au quotidien : paramétrage des consignes, plages horaires, maintenance préventive, comportements d’équipe. Le PEIK a généré CHF 6’200 d’économies annuelles supplémentaires pour un investissement net de CHF 3’500, une démarche distincte mais complémentaire de la rénovation.
Comment savoir si votre hôtel ou votre restaurant a besoin d'un CECB ?
Trois actions simples permettent de prendre une longueur d’avance.
Lancer un PEIK pour faire baisser la facture dès maintenant. C’est la démarche la plus rentable à court terme, indépendamment des projets de rénovation. Elle identifie en priorité des optimisations par paramétrage, et est largement subventionnée par SuisseEnergie.
Vérifier le statut CECB du bâtiment. S’il n’y en a pas et qu’une rénovation se profile, c’est le bon moment d’en réaliser un, ne serait-ce que pour cadrer les décisions à venir.
Anticiper le remplacement des installations en fin de vie. Une chaudière de 15 ans tombera en panne dans les 5 à 10 ans à venir. Mieux vaut planifier la transition que la subir un dimanche soir d’hiver.
La réglementation n’est pas une contrainte qui tombe d’en haut. C’est aussi un cadre de soutien public qui rend les investissements plus accessibles. À condition de l’anticiper.
Chez Lyka, nous accompagnons les hôtels et restaurants dans leur stratégie énergétique et pouvons vous orienter vers la démarche la plus pertinente selon votre situation. N’hésitez pas à consulter notre page dédiée pour en savoir plus.

