Audit énergétique en Suisse romande : le PEIK pour les hôtels et restaurants

L’énergie représente généralement entre 4 et 8 % du chiffre d’affaires d’un hôtel ou d’un restaurant en Suisse romande.

C’est, après les salaires et la nourriture, l’un des principaux postes de coût. Et c’est aussi l’un des plus simples à réduire, sans gros chantier, sans interrompre l’exploitation, et le plus souvent sans investir lourdement.

C’est précisément l’objectif d’un audit énergétique en Suisse romande : identifier les économies les plus rentables et les transformer en actions concrètes. C’est ce que permet le PEIK.

Qu'est-ce que le PEIK, l'audit énergétique pour les PME en Suisse romande ?

Le PEIK (Programme d’efficacité énergétique) est un audit énergétique développé par SuisseEnergie, spécifiquement conçu pour les PME. Il identifie les gisements d’économies sur l’ensemble de l’activité : consommations, équipements, processus, comportements… et débouche sur un plan d’action chiffré, priorisé par rentabilité.

Concrètement, un conseiller PEIK certifié analyse en amont les factures et les courbes de charge pour cibler les questions, puis passe une à deux journées sur site, observe les équipements et les usages, puis livre un rapport qui hiérarchise les mesures par coût et par retour sur investissement. L’objectif n’est pas de tout refaire : c’est de trouver ce qui coûte cher pour rien et de le corriger, en mobilisant le moins de capital possible.

Dans la pratique, l’essentiel des économies identifiées vient de paramétrages et de réglages : abaisser une consigne d’eau chaude sanitaire, couper une pompe la nuit, programmer une ventilation, ajuster une courbe de chauffe. Des choses simples, qui coûtent peu ou rien, et qui produisent un effet immédiat sur la facture.

PEIK et CECB : deux outils différents, à ne pas confondre

Le PEIK et le CECB répondent à deux questions différentes.

Le PEIK est un audit d’optimisation. Il regarde comment l’établissement consomme aujourd’hui et identifie ce qu’on peut optimiser sans gros investissement : régulation, paramétrage, comportements, et éventuellement quelques remplacements ciblés. C’est l’outil naturel pour réduire la facture rapidement, et c’est ce que Lyka réalise.

Le CECB Plus est un audit du bâtiment. Il évalue l’enveloppe et les installations techniques fixes, et propose des scénarios de rénovation. C’est l’outil naturel pour planifier de grands travaux (isolation, remplacement de chaudière, fenêtres). C’est une démarche distincte, portée par des experts CECB certifiés.

Les deux sont complémentaires, mais ne se substituent pas l’un à l’autre. Pour la plupart des hôtels et restaurants, le PEIK est le bon point de départ : il révèle les économies accessibles tout de suite, sans capital, et permet ensuite de mieux dimensionner un éventuel projet de rénovation s’il se justifie.

Ce que le PEIK couvre

Pour un hôtel ou un restaurant, l’audit PEIK passe en revue l’ensemble de l’exploitation, en cherchant en priorité les paramétrages et réglages qui dégagent des économies à coût minimal :

  • L’eau chaude sanitaire (consigne de stockage, plages horaires du bouclage, isolation des départs)
  • Le chauffage (courbe de chauffe, ralenti nocturne, programmation week-end, consignes différenciées par zone)
  • Les pompes de circulation (régime variable, plages d’arrêt, équilibrage)
  • La ventilation (plages horaires, débit réduit hors service, modulation sur sondes)
  • Le froid commercial (consignes ajustées, dégivrage, joints, condenseurs)
  • Les équipements de cuisine (mise en marche échelonnée, coupure hors service)
  • L’éclairage et les automatismes (détection de présence, programmation)
  • Les contrats d’énergie et la structure tarifaire
  • Les comportements d’équipe et les procédures (coupure des veilles, fermeture des portes)

L’angle est résolument opérationnel : identifier les économies qui se déclenchent en quelques semaines, sans interrompre l’exploitation.

Combien ça coûte ?

Le prix dépend de la taille et de la complexité de l’établissement. À titre indicatif :

  • Petit établissement (café, petit restaurant, petit hôtel) : CHF 2’000 à 3’000
  • Établissement moyen (restaurant moyen, hôtel 20 à 60 chambres) : CHF 4’000 à 5’000
  • Grand établissement ou multi-sites : CHF 5’000 à 10’000

SuisseEnergie subventionne le PEIK à hauteur de 50%, avec un plafond de CHF 2’500. Plusieurs cantons romands ajoutent une aide complémentaire (par exemple CHF 1’000 par site dans le canton de Vaud).

Le reste à charge type pour une PME se situe entre CHF 1’500 et CHF 2’000.

Cas concret : Hôtel, 52 chambres en Valais

L’établissement, ouvert depuis 1987, dispose de 52 chambres, d’un restaurant de 80 couverts et d’un petit espace wellness. La facture énergétique annuelle s’élevait à CHF 78’000 en 2024.

Coût du PEIK : CHF 5’000, subventionné à hauteur de CHF 2’500 par SuisseEnergie. Reste à charge : CHF 2’500.

Le rapport a identifié six familles de mesures, dont l’essentiel relève du paramétrage :

Premier axe — eau chaude sanitaire. Abaissement de la consigne de 65 à 55°C (suffisant pour le sanitaire), arrêt du bouclage entre 23h et 5h, isolation des départs nus en chaufferie. Investissement : CHF 400. Économies estimées : CHF 2’400 par an.

Deuxième axe — régulation du chauffage. Mise en place d’un ralenti nocturne, programmation week-end pour les zones administratives, ajustement de la courbe de chauffe, consigne salle commune ramenée de 22 à 20°C. Investissement : CHF 1’500 (quelques thermostats programmables et paramétrage de la régulation existante). Économies estimées : CHF 4’200 par an.

Troisième axe — pompes de circulation. Bascule en vitesse variable des pompes déjà compatibles, mise en plage horaire de la pompe ECS, vérification de l’équilibrage. Investissement : CHF 800 (intervention d’un installateur). Économies estimées : CHF 1’400 par an.

Quatrième axe — froid commercial. Réglage des consignes (-18°C au lieu de -22°C sur les chambres froides à surgelés), reprogrammation du dégivrage, nettoyage des condenseurs, remplacement de joints usés. Investissement : 0 (intervention de maintenance courante). Économies estimées : CHF 1’600 par an.

Cinquième axe — procédures et comportements. Coupure systématique des équipements wellness hors heures d’ouverture, fermeture des portes de sauna, formation de l’équipe sur la coupure des veilles. Investissement : CHF 500 (formation et étiquettes). Économies estimées : CHF 1’800 par an.

Sixième axe — comptage divisionnaire. Installation de quatre compteurs connectés (cuisine, ECS, chauffage, wellness) pour suivre et détecter les dérives au quotidien. Investissement : CHF 3’500. Économies typiques sur la première année (détection de dérives) : CHF 1’400.

Total : CHF 6’700 investis (hors PEIK), CHF 12’800 d’économies annuelles, soit une réduction de 16% de la facture. Plus de 80% des économies viennent du paramétrage et des réglages, à coût quasi nul. Retour sur investissement global : moins d’une année.

À noter : le rapport a aussi recommandé d’envisager, à moyen terme, un CECB Plus pour cadrer le remplacement de la chaudière mazout en fin de vie. C’est un projet de rénovation distinct, à préparer dans un second temps avec un expert CECB.

Les dispositifs à mobiliser après l'audit énergétique en Suisse romande

Une fois les mesures identifiées par le PEIK, plusieurs leviers de financement complètent la démarche si des investissements ciblés sont nécessaires.

Le programme ProKilowatt finance les mesures d’efficacité électrique sur appels d’offres. Particulièrement adapté aux remplacements d’éclairage, de moteurs et de systèmes de froid lorsque ces investissements sont justifiés.

Les aides cantonales spécifiques couvrent une partie des équipements performants identifiés. Chaque canton publie son catalogue.

Pour les établissements consommant plus de 500’000 kWh/an, la signature d’une convention d’objectifs avec l’AEnEC ou Cleantech Agentur Schweiz ouvre l’accès au remboursement de la taxe CO2. Elle complète bien la démarche PEIK.

Comment réaliser un audit énergétique en Suisse romande ?

Une démarche en trois étapes fonctionne bien dans la pratique.

D’abord, prendre contact avec un conseiller PEIK certifié pour un premier échange (gratuit et non engageant) qui valide le périmètre et le devis. La liste officielle est disponible sur peik.ch.

Ensuite, vérifier l’éligibilité aux aides cantonales complémentaires avant de signer la commande d’audit.

Enfin, planifier l’audit hors haute saison pour que le conseiller puisse observer l’exploitation dans de bonnes conditions.

Le PEIK n’est pas une dépense, c’est un investissement avec un retour sur investissement rapide : la plupart des PME accompagnées récupèrent leur reste à charge en moins de six mois sur les seules économies de paramétrage de la première année.

Et si vous commenciez par estimer votre potentiel d'économies ?

Le PEIK permet d’identifier rapidement les économies d’énergie les plus rentables pour un hôtel ou un restaurant. Encore faut-il savoir par où commencer et quelles mesures auront le plus d’impact dans votre établissement.

Chez Lyka, nous réalisons des audits énergétiques en Suisse romande pour les hôtels et restaurants, puis nous accompagnons nos clients dans la mise en œuvre et le suivi des économies obtenues.

Notre objectif est simple : vous aider à réduire durablement vos coûts d’exploitation, sans perturber votre activité et en mobilisant les aides financières disponibles lorsque c’est pertinent.

Vous souhaitez savoir combien votre établissement pourrait économiser ? Réalisez gratuitement une première estimation en quelques minutes ou contactez-nous pour échanger sur votre situation.